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fleche bleue Dinard, ville d'Art et d'Histoire

 

Depuis 2002, Dinard bénéficie du label Ville d’art et d’histoire.


Un animateur de l’architecture et du patrimoine ainsi qu’une équipe de guides conférenciers agrées par le Ministère de la Culture et de la Communication sont chargés de valoriser ce label  en mettant en place une large médiation.


La municipalité a toujours misé sur l’essor du tourisme lequel contribue depuis longtemps à favoriser son développement.

villasL’obtention du label renforce cette volonté de faire partager le patrimoine local. De plus, une ZPPAUP (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager) a été mise en place et cela témoigne d’une volonté de protection forte.

Aujourd’hui plus de 400 villas sont protégées grâce à cette zone. C’est un outil de protection et de gestion mais aussi un instrument de valorisation formidable.

 

(voir aussi la page des visites guidées)

fleche bleue Dinard, un patrimoine balnéaire exceptionnel 

 

L’émergence du site au XIXe siècle

A la fin de la Seconde République, Dinard est encore un village à la périphérie de Saint-Enogat mais ses attraits climatiques et ses paysages côtiers variés favorisent l'émergence du tourisme.

La plage, espace naturel peu fréquentée par les populations locales connaît au milieu du 19ème siècle, une mutation profonde de ses activités. Considérée comme un milieu exclusivement laborieux, elle accueille à Dinard en 1858, un établissement de bains qui la transforme en un espace de divertissement et de loisirs.


Les premiers bains de mer


La mode des bains de mer, introduite en France à la fin du XVIIIème siècle suscite un engouement bien naturel pour la Bretagne où les premiers établissements de bains apparaissent vers 1830. Les estivants peuvent également  consulter les « guides baigneurs » qui classifient les plages et les divisent en zones à l’usage codifié (zones de baignades des hommes, des femmes, zones de jeux ou de distractions mondaines…). Ainsi à Dinard en 1866, la plage de l’Écluse est la plage de l’aristocratie, avec le luxe de ses constructions et les activités incessantes de sa clientèle fortunée.

A contrario, la plage du Prieuré, est décrite comme plus modeste et familiale. Dans une station balnéaire, l’ouverture d’un établissement de bains participe donc au processus d’appropriation du rivage défini par des usages thérapeutiques et récréatifs. L’établissement de bain construit sur la plage est à ce titre souvent associé à un casino. La mode du bain deviendra peu à peu une véritable pratique sociale au détriment de sa fonction thérapeutique première.

 

Les Anglais, premiers découvreurs de la station


La présence des Anglais à Dinard constitue une originalité par le rôle joué par cette communauté dans l’invention et le développement du Dinard balnéaire. Les familles pionnières tels les Faber feront partager les beautés du site à leurs amis anglo-saxons installés à Dinan ou Avranches.Les Anglais se retrouvent à l’église anglicane ou dans les clubs Anglais de la ville. Les activités sportives qu’ils pratiquent dans des clubs fermés (le tennis, le golf ou le yachting) qui deviendront les « emblèmes » de la villégiature balnéaire.

Le goût anglais est également très présent dans les constructions. L’influence anglo-saxonne se lit dans la structure même des édifices, dans leur pratique et leur rapport à l’environnement. la mode anglaise « more glass than wall » a généré l’ouverture de nombreux bow-windows dans les villas de la fin du XIXème siècle. L’influence britannique se lit aussi dans les parcs aménagés par des paysagistes anglais comme celui de la villa Castelmond. A l’intérieur des châteaux de bord de mer, de grands halls sont traités à l’anglaise (villa La Garde, château des Deux-Rives) et s’inspirent des grandes demeures britanniques.

 

L’âge d’or de Dinard, le faste de la Belle Epoque


Dès 1859, Dinard balnéaire fait son entrée dans la littérature touristique où on y vante  sa situation entre Rance et Manche et son climat doux.
Un premier casino en bois est construit en 1866. A cette même date, un établissement de bains avec cabines roulantes s'installe sur la plage.

Ces deux éléments ont contribué à l'essor de la station balnéaire. C'est à  partir de 1873 que de nombreux rentiers et étrangers font édifier des demeures aussi extravagantes que monumentales. L'apogée est atteinte entre 1875 et 1885, les habitations, les hôtels fleurissent dans tous les quartiers ainsi que des équipements touristiques avec le nouveau casino, les tennis, le champ de courses et surtout la gare qui contribue à l'essor de la ville.

Dinard devient le lieu de ralliement de la haute société nationale et internationale. On vante ses charmes sur les affiches, dans la presse, dans les guides touristiques, dans les salons mondains : " Dinard la Belle, la douce, la reine des plages, la Monaco des étrangers, la perle de la côte d'Émeraude, la Nice du Nord, la plage la plus aristocratique de France…". L'estuaire de la Rance est même présenté comme le Bosphore de l'Occident ! Les superlatifs fleurissent   sur cette station  considérée comme la première station balnéaire de France.

Grâce à l'afflux de touristes aisés, à la fin du XIXe siècle, Dinard est une des villes les plus modernes de France et les mieux dotées en équipements (eau courante  dès 1888, ouverture d'un hôpital en 1891, premières lignes téléphoniques en 1898, électricité en 1902). Jusqu'à la crise de 1929, elle accueille les personnalités des familles royales européennes ou du monde politique ainsi que des artistes et écrivains.

C'est un lieu de rencontre de l'Intelligentsia (Michelet, Renan, Debussy, Jules Verne, Lawrence d'Arabie, Churchill, Félix Faure, Judith Gautier, Yamamoto et plus tard Foujita et Picasso …)

 

Depuis 1900

Après la première guerre mondiale où les hôtels  de Dinard remplissent la fonction d'hôpital complémentaire des armées, le faste d'avant guerre reprend pour satisfaire la foule venant pour la saison (encore aujourd'hui la population est multipliée par cinq chaque été). La splendeur du site préservé des bombardements, sa modernité et son dynamisme attire de plus en plus d'estivants. Digues, promenades et piscines ouvertes sur la plage sont construites dans ces années 1920-1930.

La crise de 1929, marqua un coup d'arrêt aux années d'euphorie. La Seconde Guerre Mondiale et les années d'austérité qui s'ensuivirent confirmèrent ce déclin même si les congés payés, la promotion du sport et le culte du corps du Front Populaire ont permis la démocratisation de la station (premiers logements sociaux).


Le renouveau s'opère dans les années 60. La ville s'affirme par ses caractéristiques urbaines et ses infrastructures afin de palier aux difficultés d'une économie saisonnière. Les grands équipements tel que le barrage de la Rance, inauguré par De Gaulle en 1966, relance la modernité.

Pour en savoir plus : http://www.vpah.culture.fr

 

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