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Ils sont venus
à Dinard...
Extraits de "Dinard à travers ses célébrités 1858-1914" d'Henri Fermin, mars 2000
Paul
Signac
Paul Signac est l'un des principaux peintres du mouvement néo-impressionniste. Il travailla avec Georges Seurat et est à l'origine du pointillisme (ou divisionnisme). Signac a publié De Delacroix au Néo-Impressionisme en 1899, ouvrage dans lequel il explique ses théories picturales. La famille prospère de Signac lui a donné une confortable indépendance financière. À la différence de Seurat, il n'a eu pratiquement aucune formation formelle, et s'est entraîné à peindre en étudiant les travaux de Claude Monet et des autres. Après s'être réuni avec Seurat en 1884, ils développèrent leur technique de peinture avec des points de couleurs. Ce que Signac a appelé "des mélanges boueux" devait être banni de la peinture et remplacé par des couleurs lumineuses et intenses. Plusieurs des travaux de Signac sont des paysages, inspirés par la lumière brillante du soleil de la France méridionale. Les néo-impressionnistes ont influencé la génération suivante : Henri Matisse a ainsi été inspiré par le travail de Signac.
Ernest
Renan
En 1863, à la fin du mois de juillet, Ernest Renan arrive à Dinard et choisit "l'Hotel de Dinard" comme résidence d'été. Il est accompagné de sa femme, fille de l'illustre artiste Ary Sheffer, et de ses enfants. De Dinard, Renan se souvient d' heures tragiques (son père est mort mystérieusement au large du cap Fréhel en juin 1828) et d'heures studieuses (quinze ans auparavant, il a préparé sa thèse de doctorat en lettres à la bibliothèque municipale de Saint-Malo).
Le désir de se plonger dans ses souvenirs d'enfance et de jeunesse et aussi de trouver une quiétude nécessaire après la publication de la "Vie de Jésus" le 11 juin 1863, conduisent Renan à Dinard. Il essaie afin d'y oublier sa célébrité. Mais sa présence cause une certaine émotion parmi les résidents et baigneurs qui guettent son passage "dans l'espoir de découvrir sur ses lèvres quelque signes particulier".
Jules
Favre
Le 16 septembre 1866, on annonce que Monsieur Jules Favre,
homme politique de premier plan ( républicain adversaire de l'empire) et
également avocat, a l'intention d'acquérir
une propriété à Dinard
dans laquelle il va venir aux beaux jours.
C'est lui qui proposa en septembre 1870 la déchéance de l'Empereur.
Il fut membre du gouvernement de la défense nationale en qualité de
ministre des affaires étrangères et eut surtout à mener
de difficiles négociation avec Bismarck. Il signa l'armistice du 28
janvier 1871 et le traité de Francfort le 10 mai suivant.

Agatha
Christie
Agatha Christie est sans nul doute l’une des romancières
les plus appréciée de son temps. Auteur de plus de quatre-vingt
ouvrages qui constituent pour la plupart des intriques policières, d’une
vingtaines de pièces de théâtre et de plusieurs recueils
de nouvelles – il est vrai, bien moins connues – elle est parvenue à faire
de ses œuvres de grands succès du XXème siècle,
lues partout dans le monde.
Elle a participé à la mise en place des règles
du roman policier et a donné une nouvelle approche de
la résolution des énigmes par ses fameux détectives que
sont Hercule Poirot et Miss Marple.
Elle a su, à travers tous ses romans, mêler une intrigue
complexe, à une machination adroite résolue de façon toujours inattendue
et habile malgré une multitudes d’indices.
En conclusion, Agatha Christie est parvenue, à travers toute sa vie
et aujourd’hui encore, à divertir bon nombre de personnes autour
d’œuvres plus captivantes les unes que les autres, publiées
dans le monde à plus de 2 milliards d’exemplaires et en 57 langues.
Pour l'anecdote, nous pouvons ajouter qu' Agatha Christie a fait ses premières
brasses à Dinard.
Oscar
Wilde
Oscar Wilde, écrivain britannique de renom, fera, lui aussi, un séjour à Dinard où en 1893 il rejoindra sa femme et ses enfants ; il profitera pleinement de la vie familiale en allant à la plage de l'Ecluse et en visitant les environs.
Winston
Churchill
Au nombre des Britanniques très connus qui fréquentent la station au début du siècle, nous trouvons Sir Winston Churchill, premier ministre anglais et protagoniste de la victoire alliée. Dans les premières années, il descend au Crystal Hôtel où il occupe une chambre dans la partie la plus élevée de l'immeuble.
Il reviendra plus tard, invité de Madame Meyer Sasson dans sa Villa "Port-Breton" quelques années avant 1930.
Léopold,
le roi des Belges
Léopold, le roi des Belges, accoste à bord de son yacht "L'Albert" (nom de son neveu) en rade de Dinard et descend incognito dans la station. Il reviendra au moins deux autres fois à Dinard, en 1901 et en 1904, la seconde fois accompagné du Duc et de la Duchesse de Connaugh (alliés à la famille royale d'Angleterre). La même semaine, le fils du roi de Suède et son épouse descendent au Grand Hôtel . Albert 1er descendra lui aussi à Dinard vers 1905 à l'Hôtel Royal, construit dans la rue qui par la suite, portera son nom ..
L'Empereur
Napoléon III et l'Impératrice Eugénie
Le Second Empire, c'est aussi le rendez-vous impérial manqué,
au grand dam des dinardais. La beauté du site est parvenue aux oreilles
de Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie qui décident
d'y passer l'été 1868. Pour les accueillir, une villa paradisiaque à quatre
tourelles est construite par l'architecte Pichot et le boulevard menant au
casino est achevé, des arbres plantés tout le long. Une cabine
de bain est peinte aux couleurs impériales.
Au dernier moment, l'impératrice insiste pour emmener son chien, un
bichon, que l'Empereur ne peut voir en peinture. Contrariée, l'Impératrice
décide de partir seule pour Biarritz, et le rendez-vous impérial
est manqué. La « Villa Eugénie » abrite
aujourd'hui le musée du site balnéaire.
L'Empereur
Guillaume II (Empereur d'Allemagne)
L'empereur Guillaume II qui désirait venir
en France depuis longtemps , pris le prétexte d'une visite à sa
grand-mère
pour traverser Paris. A Dinard c'est à la villa du Comte d'Hatzfeld,
ambassadeur d'Allemagne à Londres, que la famille impériale descendra.
Il devait s'agir de la célèbre villa "Moulton" érigée à l'angle
du boulevard Féart, boulevard Wilson et rue Yves Verney, villa aujourd'hui
disparue.
Les
rois d'Angleterre
Les rois d'Angleterre Edouard VII et George V, qui laissèrent deux
avenues dans notre station très britannique, vinrent eux aussi souvent à Dinard
, mais incognito. De nombreuses années, le Prince de Galles(
futur Edouard VII) alors jeune célibataire, descendit à la villa "Sainte
Catherine", invité par Monsieur Villiers-Forbes, lui même fondateur
du Lawn-Tennis de Dinard.
Il fut aussi l'invité de Mrs Hughes Hallett, "La
reine de Dinard", à la villa "Monplaisir" qui est aujourd'hui
la mairie de Dinard.
Edouard
VII
Le 25 juillet 1903, on annonça dans tous les journaux de la Côte
d'Emeraude l'arrivée du roi d'Angleterre Edouard VII à Dinard.
Le yacht royal escorté par une escadrille anglaise était conduit par
Sir Charles Beresford. Le Duc de Connaugh, frère du roi et la Duchesse,
se trouvaient également à bord.
Ils passèrent leur séjour à Dinard chez le major Clayton
sa femme, née Jeanne de Fougères, qui habitaient une très
belle villa donnant sur la baie du Prieuré.
Le
Comte de Paris et sa famille
Dès la fin mai 1872, on annonce l'ouverture de la saison des bains de mer pour la semaine suivante. Celle-ci s'annonce des plus brillantes. Le Duc d'Audiffret-Pasquier, propriétaire de la villa "La Malouine" et Président de l'Assemblée Nationale à invité d'illustres amis à venir pour les beaux jours à Dinard. Un intendant a été envoyé par le comte de Paris pour choisir des logements. Il a jeté les yeux sur deux des plus gracieuses villas de la station. Le comte de Paris compte alors venir passer quelques semaines avec plusieurs membres de sa famille.
Albert
Lacroix
En 1875, Albert Lacroix, l'éditeur de Victor Hugo, séduit par le charme sauvage de saint-Enogat, y construit l'Hôtel des Villas de la Mer. A deux pas de là, Judith Gautier fait construire sa maison, face à la plage de Saint-Enogat. Les villas de la Mer et "Le Pré des Oiseaux" verra en ses murs défiler : peintres, sculpteurs, écrivains et autres artistes et personnalités.
Lawrence
d'Arabie
Le Colonel Lawrence, surnommé Laurence d'Arabie, Habita Dinard dans sa petite enfance, après des séjours successifs au Pays de Galles, au Sud de l'Ecosse, à l'île de Man et à Jersey. Il arrive avec ses parents et ses frères à Dinard en décembre 1891 et séjourna dans la station jusqu'au printemps de 1894. Il habite alors une villa ayant appartenue à Monsieur et Madame Chaignon. Cette dernière s'appelle "Le Chalet du Vallon", elle est située à deux pas de l'actuel collège Sainte-Marie école que fréquente le jeune Lawrence en compagnie de son frère aîné.
Jules
Verne
A la même époque, Jules Verne descend à Saint-Lunaire (à la Fourberie) chaque été. Il vient souvent à Dinard. Il sera dit-on, inspiré par une grotte existant près de la villa Crystal sur la grève de l'Ecluse. On attribue même à cette dernière d'être l'inspiratrice de son célèbre roman "Voyage au centre de la terre".
Monsieur Jules Bertheux, ancien maréchal-ferrand ayant vécu à cette époque se rappelait avoir vu Jules Verne venir à plusieurs reprises faire ferrer ses chevaux à la forge son patron dans l'actuelle rue de la Plage alors qu'il etait apprenti.
Jean
Charcot
Jean Charcot descend lui aussi à Dinard à la fin du siècle dans deux villas "Castel Nid" à la Vicomté et "Les Buissons" à la Malouine. On retrouve son nom sur des listes d'étrangers. Il vient à Dinard pour participer aux régates d'été. Il sera plus tard l'investigateur du Musée de la Mer.
Mrs
Hughes Hallett
Mrs Hughes Hallett, qui fut pendant trente années "la Reine de
Dinard" était la petite fille d'un héros de la
Guerre d'Indépendance, une des "Professionnal beauties" des
Etats-Unis. Elle naquit le premier février 1833 à Philadelphie.
Son père, James Von Schaumburg était d'origine germanique, sa
mère, Caroline Page avait des ancètre britanniques.
Veuve de Francis Charles Hughes Hallett, Colonel Anglais, après de nombreux
voyages effectués à l'étranger et principallement en Afrique,
elle vint vivre en France où elle résida quelques temps à Pau
avec sa mère, puis, un jour elle arriva à Dinard.
Au début, elle habita avec plusieurs membres de la colonie anglaise
comme la famille Stephenson, l'Honorable Miss A. Cary, le Colonel Aitken, l'une
des maisons de la rue des jardins. Ce n'est qu'après la mort de Madame
Von Schaumburg qu'elle fit bâtir "Monplaisir", véritable
Palais des Mille et une Nuits.
Chez Mrs Hughes Hallett, les fêtes se succédaient sans cesse.
Elle avait chaque jour plus de trente pensionnaires et louait pour eux des
maisons spacieuces en ville.
Aujourd'hui, derrière les portes de "Monplaisir",
se trouve l'Hôtel de Ville de Dinard.
Bill
Cody
Durant l'été 1905, un bruit circule à Dinard, Bill Cody, alias Buffalo Bill a loué pour lui et sa troupe, un étage complet du Grand Hôtel Royal nouvellement agrandi. Cependant, début septembre on annonce l'arrivée du colonel Buffalo avec tout son matériel colossal et sa superbe troupe à Saint-Malo, amenés par deux trains spéciaux. Il donne vingt-trois numéros et un grand défilé laissant le souvenir de deux belles représentations dont beaucoup d'habitants de la Côte d'Emeraude se souviendront longtemps.
Roland
Garros
De 1908 à 1911, Roland Garros, le célèbre aviateur
fait ses premières armes à Dinard. C'est ici, entre autres qu'il
va réaliser son rêve, devenir recordman du monde d'altitude. Il
fera faire un bond prodigieux au record en s'élevant à 4250 m
de hauteur.
L'aviateur reviendra de nombreuse fois encore à Dinard et, un jour de
septembre 1911, il prendra à bord de son avion le maire de la ville,
Monsieur Paul Crolard pour l'emmener faire un tour jusqu'à l'île
de Cézembre et revenir vers la plage de l'Ecluse.

Alphonse
XIII d'Espagne
Le jeune roi Alphonse XIII d'Espagne et son épouse, la Reine Victoria
viennent également à Dinard au cours d'un voyage à bord
du yacht royal "Geralda" venant de Cowes où ils séjournent
du 4 au 14 août.
Ils arrivent à Dinard incognito et on ignore dans quel hôtel ou
quelle villa ils descendirent avant de continuer leur croisière vers
les autres plages élégantes de Trouville et de Dieppe.

Paul
Deschanel
Paul Deschanel, viendra quatre fois à Dinard alors qu'il est président
de la Chambre passer ses vacances à Saint-Enogat, aux Villas
de la Mer.
Il y descendra en particulier le 15 juin 1912 et reviendra à Dinard
durant l'été 1920, à l'époque de sa présidence
de la République.
Armand
Fallières

Monsieur Fallières, ancien Président de la République
fera un long séjour à Dinard l'année même de son
départ de la présidence, en juillet et août 1913. Il reviendra
en compagnie de son épouse et de son gendre.
Il arrive de Saint-Malo début juillet à bord de la vedette blanche
n° 9 à destination de Dinard et loue pour la saison la villa "Les
Peupliers" à Saint-Enogat.
L'après-midi de la fête du 15 août, lors de la procession
du voeu de Louis XIII suivie par une foule immense, les dinardais peuvent voir
Monsieur et Madame Fallières se tenant près du reposoir.
Monsieur Fallières est très correctement découvert et
a l'air très ému. Un dinardais ne peut s'empêcher de songer,
voyant l'ancien président de la République, pieusement incliné, "Ah
! la drôle de mentalité qu'on les gouvernants, au pouvoir ils
signent des décrets chassant les religieux et les moines, ils chasseraient
les prêtres également s'ils le pouvaient, puis, rentrés
dans la vie privée il reviennent à ces hommes qu'ils ont mis
hors la loi".
Le
Président Poincaré
A la fin de mai 1914, le Président de la République, Raymond Poincaré fait un voyage en Bretagne où des fêtes sont organisées en son honneur à Dol, Paramé, Saint-Malo, Saint-Servan et Dinard...
Le 30 mai 1914, pendant que retentissent les dernières acclamations, de Saint-Servan le Président Poincaré et son cortège prennent place sur deux vedettes blanches. Ils quittent la cale de la Tour Solidor escortés par deux bateaux de sauvetage de la station, l'un naviguant à la rame, l'autre au moteur. C'est alors qu'éclatent sur le "Marseillaise" ancré en rade, des slaves de canon. La vedette du Président fait le tour du croiseur dont la musique joue l'hymne national.
Ensuite le Président de la République débarque à la cale du Bec de la vallée. Le maire de Dinard, Monsieur Paul Crolard, est venu avec les membres du conseil municipal lui souhaiter la bienvenue à sa sortie du ponton d'accostage. Il lui offre, pour Madame Poincaré, un superbe album de vue de Dinard, puis à pied, le cortège se dirige vers la porte d'Emeraude, nouvellement ouverte, aux accords de "La Marseillaise" jouée par la musique municipale.
Alain
Gerbault
Alain Gerbault, né le 17 novembre 1893 à Laval passera les années de son enfance entre sa ville natale et Dinard. L'été, la famille Gerbault occupe la villa "La Béarnaise" située rue de la Pionnière. Cet enfant fragile, nerveux et de taille inférieure à la moyenne s'ébattra chaque été sur la plage de l'Ecluse avec son frère et les enfants du Chalais.
Il dira plus tard "c'est à Dinard et à Saint-Malo que j'ai appris à aimer la mer, les vagues et les vents tumultueux". C'est à Dinard encore que la petite équipe de gamins apprend à jouer au tennis sur les courts construits autrefois par la colonie britannique. Ces courts seront plus célèbres encore lorsqu'il rencontrera en 1921 les quatre "mousquetaires" Borotra, Brugnon, Cochet et Lacoste.
C'est au Grand Tounoi International de Dinard, durant l'été 1929, où participeront de nombreuses vedettes, qu' Alain Gerbault, navigateur confirmé, contentera les innombrables admirateurs et amis du Tennis-club. Le vieux club anglais est alors trop petit pour contenir la foule venue applaudir les champions.

Claude
Debussy
Claude Debussy, un jour de mauvais temps de l'été 1902, alors qu'il séjourne à Saint-Enogat prend la mer à bord d'une bisquine (bateau à voile cancalaise). Son âme s'inspire alors de cet instant magique pour composer son oeuvre symphonique majeure, "La Mer", selon la légende.
Pablo
Picasso
Picasso
aurait souhaité passer l'été 1922 en Méditerranée,
mais Olga (sa femme) l'incita à partir en Bretagne : le bébé,
comme elle, avait besoin de l'air vivifiant de la Manche.
La renommée de la station balnéaire, ses visiteurs mondains et
la douceur du climat expliquent ce choix.
Comme Picasso ne négligeait rien pour être un mari modèle,
sa sollicitude pour le dynamique bébé et pour sa femme maladive
prit le pas sur ses propres penchants. D'où le choix de Dinard : séjour
breton agréable, sans danger, sans rien de bohème et qui "collait
parfaitement à son nouveau statut social et à sa réussite
financière".
Picasso arriva le 15 juillet 1922 et logea une semaine à l'Hôtel
des Terrasses, boulevard de l'Ecluse, (boulevard Wilson aujourd'hui).Il fit
ensuite appel à un agent immobilier de Saint-Malo, Madame Grosvalet,
pour louer une maison. Le 22 juillet, la famille Picasso s'installait Villa
Beauregard, vaste demeure à toit mensardé situé Grand-Rue
(aujourd'hui avenue George V) où ils demeurèrent jusqu'à la
mi-septembre.
De ses nombreuses escales à Dinard, entre 1922 et 1928, Picasso aura
réalisé au total environ 19 oeuvres dont : les "Baigneuses
jouant au ballon" ; "Baigneuse ouvrant une cabine" ; "Mère
et fils" (Olga et Paulo) ; "Le Baiser" ; "Femme étendue
sur la plage" . Pour chacune, il se sera inspiré de paysages ou
de personnages qu'il recontrait, le plus souvent c'était sur la plage
qu'il puisait son inspiration.
Les
Frères Lumière
A quelques centaines de mètres du "Pré aux oiseaux", deux frères, Auguste et Louis Lumière, industriels né à Besançon, inventeurs du cinématographe, âgés respectivement de 17 et 13 ans, font leurs premiers essais de développement de photographie couleur dans une Infractuosité de rocher appelée "La Grotte de la Goule aux Fées". Ces essais seront couronnés de succès quelques années plus tard. Une plaque commémorative fut apposée il y a quelques années sur la propriété de "La Goule aux Fées".
Les
familles royales de l'ancienne Europe
Après 1890, Dinard devient le rendez-vous de maintes personnalités, familles royales et impériales d'Europe qui descendent dans les plus grands hôtels. Ils y réservent des suites.
Début août 1891, Le Prince Mickaîlovitch,
fils du grand Duc Michel de Russie, oncle du Tsar loue un mois entier tout
le premier étage de "l'Hôtel des Terrasses" qui domine
la plage de l'Ecluse.
Puis c'est le tour de l'Infante d'Espagne, son altesse l'Infante Eulalie qui
descend à Dinard en août 1895. Elle fréquente aussi l'Hôtel
des Terrasses très renommé à cette époque. Elle
est alors accompagnée de ses enfants, les princes Alphonse et Louis
d'Orléans qui reviennent souvent à Dinard au début
de ce siècle.
Des "garden-parties" s'organisent pour ces illustres visiteurs dans
les plus belles villas de la station.
La
famille Faber
Vers 1850-52, une famille britannique, rendant un jour visite à leur
vice consul et ami, Robert Thomson Monteith. Séduite par le charme et
la beauté de Dinard, la famille Faber décida de venir y vivre.
Cette famille était composée de quatres personnes appartenant à la
gentry anglaise. Le père, Mrs William Faber, était ancien capitaine
au 14e dragon léger et était né à Darlignton,dans
le comté de Yorkshirre en Angleterre, le 13 mars 1813.
Il s'était marié avec Lyona Joanna. Avant de venir vivre en France,
la famille Faber habita longtemps à Tunbridge Wells dans le Kent.
En septembre 1852, la famille Faber décida de louer une Villa à Dinard,
dans l'endroit le plus beau, donnant sur la rade de Saint-Malo, la plus jolie
et la plus spacieuse, la plus confortable des demeures existant alors, dans
un endroit nommé "le champ pourry", entre Dinard et le Bec
de la Vallée, une demeure habitée sous la révolution par
un homme, un meunier disent certains, un marin disent d'autres.
En fait Mr William Faber était venu à Dinard pour y finir sa
vie. Il est décéder peu de temps après le 23 octobre 1854, à 3
heures de l'après-midi, pas même âgé de
quarante-deux ans mais réduit à l'état de vieillard. La
déclaration de décès fût fait à la mairie
de Saint-Enogat.
Veuve, Mrs Faber ne quittait pas Dinard et y vivait presque toujours seule.
Son fils William Stanley était en pension en Angleterre.
Mrs Faber fit construire sur l'un de ces terrains une exquise et une des plus
confortable habitation de Dinard ("Sainte-Catherine").
Emile
Bergerat
Emile Bergerat (1845-1923) epouse Estelle Gautier en 1872. Estelle est la
fille cadette de Théophile Gautier et soeur de Judith. Depuis 1878,
Judith possède le "Pré des Oiseaux" à Saint-Enogat
et Emile Bergerat passe de nombreux été en compagnie de Jean
Richepin dans les environs de Dinard.
En novembre 1880, il achète à la Mielle de la Fourberie ainsi
que huit autres artistes, homme de lettre, architecte, médecin et négociant.Ces
terrains appartenaient en 1820 à des cultivateurs Bondon, Loquin et
Agathe Vaultier puis à Mr et Mme Leroy et leurs descendants qui les
revendent. Emile Bergerat construit peu après sur les plans de son ami
Charles Garnier une maison aux couleurs italiennes qu'il appelera "Caliban".
Chaque été, il y passe la saison avec sa femme, ses deux enfants
et petits-enfants.
Bergerat attire d'autres artistes tels que Georges Gardet qui construit en
1910, Jules Verne qui achète des terrains en 1893, fréquente
Maurice Leroy qui avec sa mère construit quatre maisons à l'Ouest
de la plage de Saint-Enogat dans les années 1909-1914.
Fin 1914, Estelle Bergerat, que l'on appelait ici Mme Caliban, décède
et Emile Bergerat de retour à Paris confie sa belle-fille Alice à Judith
Gautier pendant que son fils Théo est hospitalisé à Saint-Lunaire.Le
ménage restera deux ans au "Pré des Oiseaux".
Judith Gautier meurt en 1917 et sera entérrée à Saint-Enogat.
Emile Bergerat décède lui-même en 1923 en ayant demandé à être
inhumé à Saint-Lunaire auprès de sa femme.
Henri
Zuber
Henri Zuber est né le 24 juin 1844 à Rixheim, où son grand-père, Jean Zuber, avait fondé la célèbre manufacture de Papiers peints. Il a été l'élève de Etienne Mayer à l'école de Brest en 1862-63, avant d'envisager la carrière de peintre en 1868. Il travail d'abord dans la technique de la peinture à l'huile ; il fait deux séjours à Dinard en 1875 et 1877, propose ses toiles de salon de 1876 et de 1878 mais fait aussi une trentaine d'études à l'huile, une dizaine d'aquarelles et quelques dessins. Il partage son attention entre les paysages agrestes de la région dont "le Vallon de la Richardais" est le type, et les paysages côtiers. Il ne revient pas ensuite en Bretagne alors qu'il se spécialise dans la technique de l'aquarelle.
Jean
Richepin
Jean Richepin est né le 4 février 1869 en Algérie, il
est le fils d'un médecin militaire. Il commença des études
médicales qu'il abandonna bientôt pour entrer à l'Ecole
Normale Supérieure, dans la section des lettres.
En 1870, il suivit Bourbaki comme Franc-tireur. Après la guerre, il
collabora quelque temps à divers journaux, puis il composa la chanson
des Gueux, qui lui valut un mois de prison et 500 francs d'amende. A sa
sortie de prison il eut de nombreuses aventures, mena une vie de gène,
puis devenat rédacteur au Gil Blas, fit toute à la fois du journalisme,
de la poésie, du théâtre et du roman. Mr Richepin est un
des principaux représentants de l'école dite naturaliste.
Losque Jean Richepin participe à l'achat de la Mielle de la Fourberie
en 1880, il à l'habitude de fréquenter Saint-Enogat en compagnie
de Raoul Ponchon et Emile Bergerat. Il ne construit qu'en 1912 sur la bande
de terre ayant à l'Est le terrain Bouchor revendu à Georges
Gardet et à l'Ouest les autres partenaires "artistes".
Sa femme et ses enfants Jacques, dramaturge, et Tiarko, compositeur, y viendront
souvent ainsi que son petit-fils François, peintre. En 1932 la maison
est revendue à Mme Thomann-Gardet.
Jean Richepin est décèdé d'une grippe infectieuse dans
sa soixante-dix-huitième année d'une robuste et glorieuse vieillesse.
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